Soirée conférence sur le Rhône

C’est sur le thème de l’exposition itinérante proposée par Promofluvia et Alliance des Rhodaniens : « Du tronc d’arbre au bateau du futur » que le Club des Plaisanciers accueille Michel Raffin, président de l’Alliance des Rhodaniens, ce samedi 29 octobre, pour une conférence.
La navigation sur le Rhône impétueux et la Saône plus paisible a nécessité des innovations ininterrompues. Dès le Néolithique, l’homme parcourt le Rhône sur des pirogues monoxyles. Le bois est acheminé par flottage. Après 1450, des bateaux en bois sont assemblés, en particulier à Seyssel. Si la décize Lyon-Arles se fait en 3 jours, la remonte nécessite un mois d’effort à cause de la force du courant. Des centaines d’hommes, puis des équipages de chevaux permettent le halage des bateaux. De la mixité des mariniers émerge un langage particulier.
La vapeur apparaît en 1783 et est utilisée pendant 150 ans. L’invention de chaudières tubulaires améliore les performances sur un cours d’eau difficile à naviguer. En 1856, l’arrivée du rail freine la batellerie. Débutent alors des travaux pour améliorer le chenal. Des inventions facilitent le passage des basses eaux. Alors que la Saône est déjà équipée de barrages mobiles avec écluses, le Rhône ne l’est qu’à partir de 1950. Son aménagement est en effet confié à la CNR qui met 30 ans pour arriver à un gabarit européen. Les péniches Freycinet sont progressivement remplacées par des automoteurs de grande capacité (2000 t). Les produits transportés se diversifient avec l’arrivée des conteneurs. Le port de Lyon vient de se doter d’un nouveau portique. L’axe Saône-Rhône transporte 6 à 7 millions de tonnes par an. (Il pourrait être multiplié par 3 ou 4.) L’interface avec la mer est le port de Marseille-Fos, avec des bateaux fluviomaritimes à partir de 1992.
Le tourisme fluvial commence par le bateau promenade. Il rencontre de plus en plus de succès depuis les années 2000 avec les grands paquebots qui sillonnent la Saône et le Rhône. La décarbonatation touche aussi les bateaux avec des biocarburants ou des carburants issus du gaz ; des moteurs hybrides. Des bateaux électriques circulent à Lyon pour la promenade. Mais le stockage de l’énergie et la puissance proposée posent des problèmes. L’hydrogène vert est-il l’avenir ? Le fluvial permet en effet une desserte urbaine facile grâce à des bateaux décarbonés. La CNR s’investit d’ailleurs dans cette filière. Les bateaux sont connectés avec des systèmes de communication internationale AIS qui permettent un suivi du positionnement et des informations qualitatives. Avec le très haut débit, des bateaux autonomes voient le jour et sont en essai en Belgique. Des bateaux amphibies embarquent et débarquent leurs passagers à terre. Des taxis électro-solaires et à hydrogène sur foils ajoutent confort et rapidité comme les SeaBubbles. L’heure est maintenant à rendre sa liberté au fleuve avec la suppression des barrages en épis…
Ces siècles de navigation ont mis les plaisanciers en appétit ! La soirée se poursuit au Tir aux Pigeons sur des notes gastronomiques avec une choucroute bien garnie !

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